RONIN

RONIN

Ronin est aux courses-poursuites en voitures ce que A Toute épreuve est aux gunfights : une référence, démonstration virtuose, déferlement de violence millimétrée et de cascades hallucinantes, sur un scénario dont la simplicité le rend plus mystérieux, même s'il finit par partir en vrille à force de rebondissements à tiroirs. D’ailleurs il faut considérer Ronin comme un film d’arts martiaux (et indirectement comme un western) avec des voitures (avec ses batailles, ses duels…) qui serait transposé dans un film noir américain, impression que confirme le titre du film (qui peut s’appliquer aussi bien à un chambara qu’à un western). Dommage que la vision de la France fasse si cliché et ringarde (De Niro avec son manteau, son béret et sa baguette), reste que ça fait plaisir de voir de telles courses-poursuites se dérouler dans des villes françaises, le sous-estimé John Frankenheimer (qui avait déjà filmé Marseille dans French Connection 2, et plus généralement la France avec Grand Prix ou Le Train) exploitant parfaitement le décor (ce que les Taxi & Cie n’ont jamais été foutus de faire), un décor quasi-expressionniste qu’il aime et qu’il magnifie (et qu’il détruit) sans le trahir, même si certains décors sont reconstitués en studios (par exemple le quartier de Montmartre). Voir Paris et Marseille transformés en terrains de guerre dans un style ultra-réaliste (le réalisateur avait même insisté pour ne pas tricher sur la vitesse des caméras), quoi de plus jouissif (et rare) pour un spectateur français ? C’est à se demander comment Frankenheimer a pu obtenir toutes les autorisations nécessaires et comment il est parvenu à sécuriser toutes ces séquences de folie. 160 km/h dans le tunnel des Halles, le périphérique prit à contresens et à toute allure, les bagnoles qui voltigent dans les petites routes de Province, les terrasses dévastées par le passage d’une voiture… L’intrigue, qu’on croirait sortie d’un thriller d’espionnage des années 70 (avec groupe d’activistes terroristes, traitres & Cie), est peut-être un peu confuse (surtout quand le cinéaste y rajoute une romance sans intérêt), et les personnages assez vagues (voir fantomatiques) bien que charismatiques (ils ont des gueules à sortir d’un comics book). Mais la réalisation stylisée du regretté Frank Frankenheimer, toute en grands angles, en plongées / contre-plongées, en cadrages décentrés et en jeux de profondeur de champs, redonne un vrai punch à une histoire bancale surtout motivée par le concept de la poursuite (c'en devient presque un survival).


Ronin bénéficie d'un gros casting dans lequel est parti une bonne part du budget (l’autre part étant investie dans le tournage en France, qui a couté 70 millions de $) : Robert De Niro (qui, pour ce film, avait reçu un salaire record de 14 millions de dollars), Jean Reno, Natascha McElhone, Stellan Skarsgard, Jonathan Pryce, Sean Bean, Michael Lonsdale, Féodor Atkine et même Amidou ! Les acteurs en font beaucoup, ce qui colle finalement bien au ton du film et aux vieux films de gangsters auxquels renvoie Frankenheimer. Un film à réhabiliter (comme son réalisateur) et qui reste une référence même 10 ans après.


Jonathan Charpigny


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Publié le 28 avril 2019 Facebook Twitter

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