Top Secret

Top Secret

Déclaré Pape de la comédie américaine avec des succès comme La Panthère Rose, Diamants sur Canapé, The Party ou Victor Victoria, Blake Edwards aura fait quelques superbes tentatives de faire autre chose que ce qu’on attendait de lui : les thrillers angoissants Experiment in Terror et Opération Clandestine, le western crépusculaire Deux hommes dans l’Ouest, et enfin ce curieux Top Secret (The Tamarind Seed), film d’espionnage romantique et ironique avec lequel il va s’amuser à suivre une relation amoureuse, qu’on suppose sincère, entre un espion russe séducteur (Omar Sharif) et une méfiante secrétaire du ministre de l’intérieur britannique (Julie Andrews, alors épouse du cinéaste), ce qui affole tout leur entourage et leur gouvernement respectif. L’espion russe est-il en mission ou réellement en vacances ? La secrétaire de Londres va-t-elle céder finalement à ses avances ou découvrir ses réelles intentions ?


Assumant un léger aspect désuet et pastiche (rien à voir cependant avec l’homonyme et totalement parodique Top Secret des ZAZ), le générique de début, le décor exotique (la Barbade notamment) et la magnifique partition de John Barry évoquant évidemment les films James Bond dont Top Secret s’avèrera être l’antithèse, Edwards se joue du film d’espionnage, de ses imbroglios politiques, de ses rebondissements feuilletonesques, de ses trajets internationaux (des Caraïbes à Londres) et de ses marionnettes récurrentes qui bavassent, s’agitent et manigancent afin d’exploiter ou de stopper cette romance douteuse qui va à l’encontre des intérêts des deux pays et qui s’avère pourtant, finalement, être le seul acte de sincérité dans cette histoire rocambolesque, en dépit de l’ambiguïté du personnage d’Omar Sharif. Leur relation reste d’ailleurs longtemps pudique, platonique, très timide voire maladroite, et on se dit même que Top Secret c’est Omar Sharif qui tente de se taper Julie Andrews pendant 2 heures, même si évidemment les enjeux sont ailleurs (quoique, si l'on regarde de plus près la filmographie du réalisateur, on se rend compte qu'elle tourne souvent autour de ce type de marivaudage, notamment à partir des années 70). En tout cas le couple pourtant divergent fonctionne bien à l’écran, Omar Sharif exploitant un jeu qu’il connait bien, Julie Andrews expérimentant un genre qu’elle connait moins (malgré Le Rideau déchiré d’Alfred Hitchcock, autre film d'espionnage romantique qui n’avait pas marché).


Loin d’être un film d’action contrairement à ce que promet la jaquette de l’édition DVD de 2014, puisqu’il n’y aura qu’une fugace et confuse fusillade vers la fin (on retient cependant l’excellente séquence de tension à l’aéroport, avec les deux amants qui tentent de fuir), Top Secret est avant tout romantique et glamour en dépit de l’ironie qui le traverse, montrant que l’amour est plus fort que le cynisme, le chantage, les manipulations et les magouilles des politicards. Edwards n’adopte pas du tout un rythme frénétique, au contraire : c’est assez lancinant (à l'image du beau score de John Barry, à écouter ici : https://www.youtube.com/watch?v=OsKhHdKcXe0 ), le récit prenant son temps pour poser le cadre, les enjeux, les protagonistes et son intrigue d’espionnage de guerre froide, s’accélérant petit à petit jusqu’à devenir trépidant (voire improbable) dans son dernier acte.



Dans le genre film d’espionnage romantique à tiroirs, Top Secret est plus proche d’un Charade que d’un James Bond, et pourrait avoir inspiré des films comme Duplicity ou Red Sparrow. Sorti en 1974, Top Secret se soldera par un bide commercial, alors qu’il est pourtant plus positif et grand public que ses autres films « hors comédie », avec sa réalisation clinquante en Cinémascope, les tenues chic Christian Dior de Julie Andrews, son casting glamour, ses paysages exotiques et son happy-end romanesque. Peut-être justement le public s'attendait-il à un nouveau James Bond ou à un film d'aventures. Blasé de ce nouvel échec à tenter de sortir du genre qui a fait sa gloire, Blake Edwards ne réalisera plus que des comédies, assez amères pour la plupart, tandis que son épouse Julie Andrews ne tournera rien pendant 4 ans (jusqu’à Elle, du même Blake Edwards) et se consacrera à sa vie de famille. 


Jonathan C.


tamarind seed affiche


top secret



Publié le 02 juin 2019 Facebook Twitter

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