Meurtre chez JM VIDEO

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John Carpenter avait déjà à son actif "Dark Star", "Assaut" et "Halloween" lorsqu’il réalise pour la NBC ce téléfilm à suspense dans lequel une femme qui vient d’emménager dans un immeuble chic (devinez à quel étage) de Los Angeles est harcelée par un maniaque voyeur et sadique qui semble avoir pour habitude de pousser ses victimes (des femmes célibataires) au suicide. Ce pitch, initialement prévu pour une sortie en salles, permet à Carpenter de payer son tribut à Hitchcock, Argento et Bava, de façon encore plus flagrante qu’avec "Halloween la nuit des masques", accumulant les clins d’œil ("Fenêtre sur Cour", "Vertigo", "L’Oiseau au plumage de cristal"…) avec la malice d’un jeune cinéphile, et ce dès la saisissante scène d’ouverture et son générique de début Saul Bassien.


Au-delà de l’exercice de style et de références, très réussi, "Meurtre au 43ème étage" surprend par sa vision contemporaine et réaliste de la femme : ici, l’héroïne célibataire campée par Lauren Hutton (connue surtout pour ses rôles dans "American Gigolo" de Paul Schrader et le "Tout feu tout flamme" de Jean-Paul Rappeneau) est rigolote et légère, elle dédramatise tout à coups de blagues, se parle à elle-même, et refuse les propositions de beaux gosses pour préférer aller draguer un type « normal » (à savoir David Birney, le Serpico de la série télé homonyme). On est loin de la bimbo froussarde et fragile typique des productions horrifiques bis, car ici l’héroïne a des couilles et n’hésite pas à s’emparer d’un couteau pour traquer son bourreau. C’est l’héroïne façon Carpenter, de la tenace Laurie Strode des "Halloween" à la badass Natasha Henstridge de "Ghosts of Mars". De plus, "Meurtre au 43ème étage" marque la première collaboration de Carpenter avec Adrienne Barbeau, qui deviendra sa femme et son actrice fétiche, et qui campe ici une amie lesbienne sans clichés péjoratifs, ce qui était alors inhabituel à la télévision américaine. Les trois personnages principaux se révèlent d’ailleurs très attachants de par leur naturel. "Meurtre au 43ème étage" peut aussi être vue comme une allégorie du harcèlement envers les femmes, harcèlement jamais pris au sérieux jusqu'à ce qu'il y ait violence physique.


Brillamment réalisé, dans la continuité d’"Halloween", Carpenter privilégie les effets suggestifs (pas une once de sang ici, pas de meurtres à l’écran, pas de nudité perverse contrairement à ce que laisse sous-entendre l'affiche française d'époque), joue avec les points de vue (s’amusant notamment à placer le spectateur en voyeur) et maintient une ambiguïté permanente, nourrie par quelques séquences de tension mémorables, notamment lorsque l’héroïne cherche l’éventuel psychopathe au sous-sol. En ce sens, ce téléfilm évoque beaucoup le "Sisters" de Brian De Palma (sorti quelques années auparavant), en plus classique tout de même mais tout aussi hitchcockien. Ce n’est pas un hasard si la musique de "Meurtre au 43ème étage", pour une fois pas composée par Carpenter, rappelle fortement Bernard Hermann. On peut même y voir un "Body Double" avant l’heure.


Jonathan pour jm video






Publié le 25 mars 2018 Facebook Twitter

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