Shooter
Pour la réservation : Indiquez les titres des films et la date, Cliquez ici .!Date de sortie : 18 octobre 2007Support : DVDGenre : ActionRéalisateur : Antoine FuquaActeur(s) : Mark Wahlberg, Michael Pena, Danny GloverSynopsis : Bob Lee Swagger (Mark Wahlberg), un sniper de l'armée américaine, décide de reprendre du service lorsqu'il apprend l'existence d'un complot visant le président. Doublé sur le contrat, il se retrouve pourtant accusé de meurtre. Il se lance alors dans la poursuite de l'assassin pour comprendre qui l'a piégé et pourquoi. Il est obligé de mobiliser toutes ses ressources pour survivre, retrouver son honneur et déjouer la plus terrifiante des conspirations ...
Critiques :
Le duo Fuqua & Wahlberg sort l'artillerie lourde : attention les yeux
Il y a d'abord un acteur, Mark Wahlberg. De Boogie Nights à Les Infiltrés, en passant par Les Rois Du Desert, J'Adore Huckabees ou The Yards, il a su mener sa barque et se faire un nom, assurer et assumer une virilité sans jamais tomber dans le roulage de mécaniques, avec un jeu dense, un regard sombre, beaucoup de second degré. Savoir qu'on va le suivre pendant 2h, lui, que lui, c'est déjà une bonne raison de se bouger pour aller choper un billet de ciné. Puis il y a un réalisateur, Antoine Fuqua, responsable du chaud bouillant Training Day, alliant une image chaude, léchée, survoltée, à une bonne dose de testostérone, sans oublier qu'il faut un scénario entre les balles qui fusent et les règlements de compte à coup de flingues.
Dans Shooter, l'un est filmé par l'autre dans le rôle de Bob Lee Swagger, un sniper qui a remballé les armes depuis trois ans et qui se retrouve malencontreusement balancé sur le devant de la scène pour sauver le président des Etats-Unis d'un attentat. Sauf que, très vite, c'est lui qui se retrouve dans un traquenard. La chasse à l'homme est lancée, et Swagger a deux heures pour nous prouver qu'il en a dans le pantalon.
Il y a, au-delà de la cadence et de la tension plutôt bien menées, de l'incroyable souci esthétique et du talent des acteurs, une référence certaine à l'excellente devise Bourne, dont Matt Damon est le (anti ?)héros : un homme rattrapé par son passé, ne sachant plus à qui se confier, un superman en gilet parre-balles qui arrive, après les explosions, les meurtres et les balles dans le corps, à envoyer valdinguer les méchants tout en s'opérant lui-même.
Un survivor, un vrai de vrai, dont le souci de justice, qu'il clame toutes les trois minutes, a une résonnance douloureuse avec la désillusion profonde qu'il distille : Bob Lee Swagger incarne le visage d'une Amérique traumatisée par le 11 septembre (faites attention, au début du film : il lit un ouvrage intitulé 9/11), qui ne sait plus à qui se confier, qui sort la grosse artillerie à la moindre occasion, se trompant (souvent) de cible. Shooter, qui remplit allègrement le contrat des charges du film de genre, gagne en plus en consistance, et développe une étonnante épaisseur dramatique qui balance illico presto, si ce n'était pas déjà fait, son réalisateur et de son héros dans la catégorie "à suivre de très près".
Bartholomé Girard
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